Paris des Graffeurs

Atelier Graffiti

5 km Paris 20e 3h

walkerz

colorée

etoile walkerz

sportive

insolite

DEBUT DU PARCOURS !

Intro

Metro Gare de l’Est – rue du Faubourg Saint-Martin

Bienvenue pour cette visite/atelier sur le graffiti!

Choses promises, choses dues. Vous partez en balade pour apprendre à taguer. Et logiquement le premier stop vous envoi directement au magasin de peinture !

Alors prenez bien en compte que les murs où l’on vous invite à taguer sont tolérés… Et non clairement autorisés ! Donc pas de panique (des tagueurs y sévissent tous les jours) mais restez dans les limites de la balade et tout se passera bien !

Allez ! C’est parti les amis !

1 – Generation 400 ML

31 Rue des Récollets, 75010 Paris, France

Horaires Boutique Generation 400ML
10:00 – 19:00 (fermé le dimanche)

Contacts
01 46 07 68 64

Tarifs
3,50€ la bombe de peinture

Liens
http://generation400ml.fr/

À faire

  • Achetez une bombe de peinture ou un marqueur

1ère étape, choisissez l’arme du crime (ne vous trompez pas avec l’armurerie mitoyenne !). Certains préféreront les marqueurs. Les autres s’armeront de spraycan (bombes de peinture). Pour ce parcours, une bombe pour deux personnes sera suffisante.

Sachez qu’aujourd’hui il est commun d’acheter sa peinture. Mais ça n’a pas toujours été le cas. C’est d’ailleurs l’un des grands débats du milieu graffiti. D’un côté on a les graffeurs dit « vandales ». Ceux-là considèrent l’esprit libre et rebelle du mouvement comme un mode de vie. Un peu comme une invitation à se servir… Oklm ! De l’autre, on a les partisans d’un mouvement artistique et rêveur. Ceux-là préfèrent ne pas se frotter la justice. Et évidemment les 1ers moquent les seconds. Les accusant de pas être de vrais graffeurs.

Mais bon… La frontière est comme qui dirait « poreuse ». Et beaucoup d’artistes font du graffiti vandale en parallèle !

Attention ! Afin de peindre à la bombe, tâchez de garder l’embout face au mur afin d’avoir un trait bien droit et maintenez la distance tout au long du trait : plus vous éloignez la bombe du mur, plus le trait sera large et disparate. Ajoutez à cela le vent qui peut vous jouer des tours, c’est tout un savoir faire que d’être graffeur.

2 – Place Jean Poulmarch

79 Quai de Valmy, 75010 Paris, France

À voir

  • Le mur taggué
  • Le canal Saint Martin

Haut lieu du street art de l’Est Parisien. Vous arrivez à la pointe Poulmarch. Pour info cette place doit son nom au militant communiste assassiné par les nazis le 22 octobre 1941. En même temps qu’un certain Guy Môquet. Là ça vous parles ?

L’art sur ce mur est toléré depuis une quinzaine d’années. Et on peut dire que les gens s’en privent pas ! Ça va des bons gros graffs comme on les aime à des fresques engagées comme celle des Femen. C’est d’ailleurs ici qu’a été réalisée une des fresques commémoratives des Attentats du 13 novembre : le collectif Grime Team (GT) a alors repris la devise de Paris devenue célèbre : « Fluctua Nec Mergitur » (battu par les flots, mais ne sombre pas). Big up à eux !

Ah oui et petite parenthèse. Le milieu graffiti entretient des rapports conflictuels avec le système. Des vrais rebelles ces graffeurs ! Pour preuve, en 2014 la firme Nike a commandé une fresque sur ce mur à des fins publicitaires… On pouvait y voir le joueur de foot Zlatan Ibrahimovic en énorme. Et ben ça n’a pas du tout été du goût de nos amis ! Et ils n’ont pas tardé à le faire savoir : la pub a été vandalisée en moins de deux. Et les petits malins en ont même profité pour détourner le message initial ! 2e big up !

Vous avez des fourmis dans la main ? C’est le moment de laisser parler votre esprit d’artiste. Laissez un petit mot ou votre blaze (signature) sur ce mur qui n’attend que ça !



3 – Collectif les 3 Murs

8 Rue Jacques Louvel-Tessier, 75010 Paris, France

À voir

  • La fresque

Avouez-le, vous kiffez toutes ces couleurs ! Nous aussi ! Le projet des 3 murs est porté par le collectif du même nom. Et ils ont permis à pas moins de trente artistes de s’exprimer. Le tout sur des murs extrêmement visibles du 10e arrondissement !

Faut dire que l’Est parisien est plutôt « street art friendly ». Enfin… Tant que c’est encadré hein ! Le collectif bénéficie donc du soutien du conseil de quartier. C’est lui qui fournit la peinture aux artistes. Mais il y a des contreparties (ça aurait été trop beau) : les graffeurs s’engagent ici à éviter certains sujets sensibles tels que la politique, le sexe ou la religion…

Bref pas trop l’esprit libre et rebelle qu’on évoquait tout à l’heure. Mais l’initiative à tout de même le mérite d’impliquer les habitants du quartier. Et notamment les jeunes des écoles avoisinantes. Ils aident ainsi à la réalisation des fresques et à redonner des couleurs au quartier. Et ça donne souvent lieu à des échanges riches avec les passants !

N’hésitez pas à vous rendre sur la page Facebook du collectif pour suivre leur actualité !

4 – Mur de la Fontaine au Roi

134-136 Rue Saint-Maur, 75011 Paris, France

À voir

  • La fresque

Voyez le mur ? C’est un des plus grands terrains de jeux en pleine rue pour les artistes du coin. Et il a été « ouvert » il y a quelques années. Par « ouvrir » on entend qu’un premier tagueur a réalisé une fresque ici. Un peu comme pour officialiser le spot. Et oui… Un graff en appel d’autres !

Pour info, dans le graffiti « vandal » c’est la rapidité et la lisibilité qui priment. Et ben ici c’est tout l’inverse ! Les artistes prennent le temps de travailler leur lettrage et de développer leur univers. Un peu comme des peintres qui « composent » leur tableau.

Un groupe de graffeur définit généralement un thème pour chaque fresque. Histoire de donner de la cohérence. Et quand les gars manquent d’inspiration, c’est le code couleur qui sert de fil conducteur. Ça contribue à créer une identité commune. Une sorte de fil conducteur entre les différentes personnalités du groupe en action.

On est donc ici dans la plus pure tradition des fresques murales. Chacun peut venir y laisser sa trace. Mais attention, le monde du graffiti est régi par certains codes : évitez de couvrir le travail des autres par de simples gribouillis. Laisser un simple petit tag sur une fresque sera mal vu !

À bon entendeur.


5 – La rue Denoyez

24 Rue Denoyez, 75020 Paris, France

À voir

  • Les graffitis tout le long de la rue
  • Le phénomène de gentrification bien visible

T’es passé à Belleville et t’as pas été rue Denoyez ?! Nan mais allô ! C’est comme t’as des cheveux longs et t’as de avoir de shampoing !

Bref… Petite parenthèse sociale : le quartier connaît un phénomène de gentrification. Comme beaucoup d’autres. Et la rue Dénoyez en est l’exemple le plus flagrant. Non pas que ce soit mauvais (bien au contraire). Mais c’est pas dit que ça reste la rue du graff éternellement. Alors profitez-en !

Vous l’aurez remarqué, la rue est en pleine réhabilitation. Mais elle a tout de même su conserver son esprit graffiti. Pour l’heure ! Ici des petits restaurants branchés côtoient des graffitis. Certains vieux de plusieurs années ! Et ça en fait un lieu unique à Paris !

La rue était autrefois occupée par des artistes. Et on peut dire qu’ils ont largement contribué à lui donner son aspect coloré et vivant. Alors quand la mairie est venue les expulser, ils ont obtenu que le mur côté rue de Belleville reste un espace de libre expression. On peut les remercier pour ça !

Maintenant allez-y, faites vous plaisir. Sortez votre bombe de peinture et graffez ! Petit astuce : pour ne pas être couvert dans l’heure, tentez de prendre de la hauteur !



6 – Place Fréhel

57 Rue de Belleville, 75019 Paris, France

À voir

  • Les œuvres grandeur nature des artistes Jean le Gac et de Ben.

Bienvenue à la place Fréhel. Sa création remonte aux années 1920. Et plus précisément au creusement du tunnel de métro de la ligne 11. Alors on peu dire qu’elle existe… Malgré elle : les immeubles d’alors étaient clairement pourris. Et ils se sont effondrés sous la pression des travaux ! D’où les pans de mur que vous apercevez. Enfin… La mairie s’est finalement décidée à lui faire un lifting. Histoire de rendre son histoire un brin plus sexy.

Et pour ça, les artistes sont de vrais magiciens ! Alors ici, pas de graffitis mais des œuvres originales : admirez la fresque de Jean le Gac. On y voit un homme, genoux à terre en train de déchiffrer un indice. En mode James bond. Il ne lui manque plus que le pistolet et la groupie ! L’œuvre date de 1986 et… c’était pas trop ça niveau couleur !

Par ailleurs vous avez sûrement aperçu les deux zigotos sur une nacelle. Oui parce que vous avez bien lu le message ? Ces deux mannequins sont l’œuvre de l’artiste Ben. Et pour infos celle-ci est plus récente que sa voisine. Elle date de 1993

Mais le vrai intérêt de cette place est ailleurs. Vous voyez les graffs en bas ? Ils sont encore plus récents. Et le tout combiné : vous avez là une fresque retraçant l’histoire du street art. Depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui. Ça en fait du chemin parcouru !

Enfin… Nouvelle parenthèse : on note le retour en force des fresques murales à grande échelle. C’est même un peu la course au plus grand (et plus haut) graffiti du monde (et à ce petit jeu là, c’est les sud-américains les boss). En témoigne ces dernières années les projets type du « Itinérance » qui a eu lieu à Paris 13ee : des artistes du monde entier ont alors été invités à décorer des tours de l’arrondissement. Pour le plus grand plaisir de nos yeux …


7 – Belvédère de Belleville

27 Rue Piat, 75020 Paris, France

À voir

  • La vue sur Paris
  • L’œuvre de Seth sur les colonnes du belvédère

On l’a évoqué place Fréhel, le quartier était autrefois insalubre. C’est pour cela qu’il a été réaménagé en parc dans les années 80. Avec en prime un très joli point de vue : le belvédère de Belleville ! C’est l’endroit idéal pour faire une pause. Alors profitez-en pour admirer Paris, mais pas que !

Vous les voyez ? Dessinés sur les colonnes du belvédère. Ces personnages colorés sont l’œuvre du graffeur Seth. L’artiste est notamment connu pour avoir écrit un livre sur son tour du monde du graffiti. Un vrai globe-trotter ! Et visiblement il y a pris goût. Vous l’avez sûrement vu dans l’émission « les nouveaux explorateurs » sur Canal+. Il y découvrait des pays au travers d’artistes peintre locaux. Une approche originale pour un artiste bourré de talent !

Mais revenons-en aux personnages : vous avez remarqué ? Chacun d’eux est représenté deux fois. Une partie d’eux semble ignorer Paris. Planant dans une ignorance colorée et réconfortante. Les autres quant à eux sont assis et contemplent la ville. D’un air plus mélancolique.

C’est la toute la beauté du graffiti et l’art en général. Chacun est libre d’interpréter les œuvres à sa façon. Selon son histoire propre et sa sensibilité. Ainsi, une même peinture peut avoir de nombreuses histoires ! Et vous ? Quelle interprétation faites-vous de l’œuvre de Seth ?

8 – Mur du Pavillon carré Baudoin

114 Rue de Ménilmontant, 75020 Paris, France

À voir

  • Le mur d’enceinte du Pavillon Carré Baudouin
  • Les expositions du Pavillon

Vous arrivez maintenant au mur d’enceinte du Pavillon Carré de Baudouin.

Comme vous l’aurez deviné, il est dédié à l’art urbain. Et il fait parti d’un projet porté par Art Azoï. Retenez ce nom : c’est l’Association (avec un grand A) du street art dans le 20e. Et ce depuis 2011. Elle gère ainsi plusieurs murs dans l‘arrondissement. À noter que la programmation fait l’objet d’un turn-over qui varie selon les murs. Alors on vous recommande vivement d’aller faire un tour sur leur site internet. Vous pourrez y apprécier toute l’histoire des œuvres réalisées. C’est vraiment top !

Par ailleurs sachez que le Pavillon propose des expositions très intéressantes et pas chères. Faisant parfois la part belle aux street-artistes. Comme par exemple avec l’expo sur les artistes LEK et Sowat. Allez-y, demandez à Google. Vous allez kiffer !

Enfin en partant ne manquez pas l’angle de la rue du Retrait. On ne sait pas grand chose de cette fresque. Si ce n’est qu’elle indique le théâtre qui se situe au bout de la rue. En tout cas on la trouve toute mignonne. Pas vous ?! Un petit big up à Fridah Khalo au passage… Pensez à lire sa lettre d’amour intitulée « Ma nuit te cherche » : c’est magnifique !

Allez, direction Ménilmontant !


9 – Arrêt Henri Chevreau

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77 Rue de Ménilmontant, 75020 Paris, France

À voir

  • Les fresques géantes sur les façades d’immeuble

Arrêt de bus Henri Chevreau. Touuuuut le monde descend ! Maintenant tournez-vous et levez les yeux. Vous les apercevez ? Vous avez là deux jolies fresques à grande échelle.

À gauche le coupable se nomme l’Atlas : cet artiste est reconnu partout dans le monde pour faire des mots de véritables labyrinthes ! Il aurait d’ailleurs appris la calligraphie lors d’un séjour au Maroc. D’où son blaze. Vous captez ? L’œuvre lui a été commandé en 2015 dans le cadre de la réhabilitation du bâtiment.

Maintenant l’œuvre de droite. Elle est à mettre au crédit de Jérôme Mesnager. On y distingue des silhouettes se tenant par la main. Regardez bien. Elles forment un cercle en forme de Coeur. C’est y pas mignon ? C’est en fait une réinterprétation du célèbre tableau d’Henry Matisse intitulé “la danse”. Alors pour la petite histoire (et de l’aveu de l’artiste), il lui a fallu 7 ans pour obtenir l’autorisation de réaliser cette fresque… Et seulement une heure pour la réaliser ! Comme quoi tout vient à point à qui sait attendre.

Avant de repartir, tournez maintenant la tête à gauche. Il y a une porte menant sur des voies ferrées. Allez-y descendez : il s’agit de la petite ceinture de Paris. Une ancienne ligne de chemin de fer désaffectée depuis 1990. C’était depuis le paradis des graffeurs !


10 – Rue Louis Delgrès

14 Rue des Panoyaux, 75020 Paris, France

À voir

  • Les graffitis de la rue Louis Delgres

Petite particularité de ce mur, vous êtes ici sur le fief des antifas. Vous savez, ces groupes antifascistes qui font la chasse au skinhead (et plein d’autres choses plus cool).

Alors on prend un ton léger chez Walkerz. Mais des fois c’est beaucoup moins drôle… Levez la tête : le graff « Clément » rend hommage à Clément Méric. Ce jeune étudiant antifasciste est mort en 2013 lors d’une bagarre avec un groupe de skinhead. Histoire tragique qui a d’ailleurs été reprise par le rappeur Seth Gueko. Dans la chanson « titi parisien ». Et le clip a été tourné juste à côté. Au bar le Saint-Sauveur.

À noter que cette voie n’en était pas une autrefois. Toujours en levant la tête, vous verrez qu’il y avait des immeubles ici. Cette rue a été tracée lors de l’aménagement de la ZAC des Amandiers. Le quartier était vraiment pourri. Et il a été classé « îlot insalubre » par l’administration après la guerre. Ça lui valut de faire l’objet d’un réaménagement… Qui dura de 1946 à 1996. Soit pas moins de 50 ans !

C’est ici le dernier lieu du parcours où il est toléré de taguer alors faites vous plaisir !

11 – Place Ménilmontant

4 Boulevard de Belleville, 75020 Paris, France

À voir

  • Les graffitis sur le toit du restaurant KFC

Vous voilà arrivés au métro Ménilmontant, fin du parcours !

Appréciez tout de même un dernier message avant de rentrer. Sur le toit du restaurant KFC était inscrit il y a encore pas si longtemp : « Ya pas kelkun ki veux tombé amoureu de moii? ». Vous kiffez les fautes d’orthographe ?

On doit cette « bouteille à la mer » à la graffeuse Pö. Alors rares sont les femmes à se faire une place dans ce milieu. Et pourtant ! La tendance semble être à un rééquilibrage des forces en présence. De plus en plus de femmes prennent les bombes (de peinture hein!) et s’expriment. Et c’est pas pour nous déplaire !

Cette graffeuse ne manque pas d’humour. Comme en témoigne cette vidéo réalisée à Berlin : une spéciale dédicace aux amoureux du film « le roi Lion ». En tout cas on lui souhaite de trouver le prince charmant !

Amusez-vous bien ! Et à bientôt !